Le harcèlement scolaire, Snapchat, le cabinet com’ et toi et moi parents dans tout ça – article en quête d’évolution à défaut de révolution

La semaine dernière, j’ai vu circuler une vidéo de l’Elysée. Puis les premières phrases m’ont interpelées et tu sais cette vidéo de plus d’une minute a été encensée par beaucoup de monde, de certains de mes amis, aux journalistes en passant par des influenceurs.

J’ai un problème – enfin pas qu’un, tu l’auras compris-, moi elle m’a rendue triste. Vraiment. Mon coeur d’ancienne collégienne -oui, je te l’avoue j’ai plus de quatorze ans -, de maman, d’être humain, de française s’est fendu.

« Elle exagère, c’est une vidéo qui dit aux jeunes témoins de l’ouvrir, elle déconne là quand même, c’est un pas en avant » je t’entends le penser.

Permets moi de remettre les choses dans leurs contextes, de redéfinir les termes en imageant de façon réaliste ceux qui ont été employés.

Pour lutter contre le harcèlement scolaire, le Président de la République s’est exprimé sur Snapchat – on va y revenir – pour demander aux élèves témoins du harcèlement de leurs camarades de classe de faire le pont entre les harceleurs et les harcelés, d’aider les harcelés et de dire aux harceleurs d’arrêter. Bref, de porter assistance à une personne en danger. Et là tu vas me dire que je ne peux pas aller à l’encontre de ça. Tu as raison. Dans un monde normal, c’est ce qu’on demande aux personnes saines d’esprit, porter secours à leurs semblables.

En revanche, mettre la vie de ces jeunes en danger….monsieur le Président, faut se ressaisir.

Alors je vais me permettre de lui ouvrir les yeux car manifestement, lui et moi n’avons pas fréquenté les mêmes établissements scolaires.

Quand on parle de harcèlement scolaire, on ne parle pas uniquement de moqueries et quand on évoque candidement des humiliations, on parle de coups filmés qui ont circulé via les réseaux sociaux complices -que le groupe soit privé ou public, ils vendent nos données ils peuvent sans les regarder savoir que les vidéos sont violentes-, on parle de jeunes qui se font violer dans les toilettes de leur établissement, on parle de claques et de racket quotidiens…je ne vais pas te lister tout les sévices dont sont victimes ces jeunes dont le courage de retourner chaque jour dans leur établissement n’est plus à démontrer.

Mais on parle d’actes qui se déroulent dans un lieu où ils sont sensés être en sécurité, encadrés, on parle d’un lieu d’instruction obligatoire assuré par l’Etat. Tu comprends mon problème.

Quand on est Président de la République on prend la mesure de ses propos – on est sensé en tout cas.

Demander à d’autres jeunes de s’interposer, de l’ouvrir, c’est leur demander d’avoir le courage que certains membres du corps enseignant et du personnel des établissements n’ont pas. C’est reporter, comme ça mine de rien, la responsabilité des adultes encadrants qui n’agissent pas, par peur de représailles, sur des élèves.

Parce que Monsieur le Président, vous n’iriez pas essayer de discuter avec des harceleurs, vous n’essayeriez pas de faire le pont entre la victime et ses bourreaux, parce que s’ils ont l’âge d’enfants, ils n’en ont pas l’innocence; il est temps que vous preniez de vraies mesures comme faire appliquer les lois déjà promulguées.

Cette vidéo et le discours qu’elle proclame sont d’une tristesse absolue. TRISTES, parce que dans un système éducatif sécure, dans lequel des solutions pérennes existent, quand on a pris la mesure de la problématique sociétale, on devrait dire  » toi qui est témoin, parles-en à l’équipe enseignante ou encadrante, des solutions seront mises en oeuvre. Nous, adultes responsables si ce n’est de ton bien être, au moins de ta sécurité, nous aiderons ton ami à garder la tête haute. »

Sauf que, en France, en parler ne sert à rien- tu comprends la tristesse maintenant.

En définitive, les harceleurs sont renvoyés temporairement de l’établissement. Pendant ce renvoi temporaire ils attendent leur victime à l’origine de leur renvoi devant ledit établissement, car ce qui se passe à l’extérieur des grilles ne concerne plus du tout les encadrants, pour le tabasser.

Ils reviennent au bout de quelques jours et c’est au harcelé de changer d’établissement, parce que de calvaire, sa vie est devenu un enfer. Parce que son établissement n’a pas su le protéger, parce que l’Etat n’a pas su mettre en oeuvre les moyens de lui permettre de s’instruire correctement dans un environnement qui n’est pas oppressant.

Et la tristesse de tout ça, c’est que ce jeune qui vivra ce changement comme un soulagement au début prend le risque d’être à nouveau harcelé car le monde des raclures est encore plus petit que le monde normal.

Mais tu sais, parfois le harcelé n’a pas la chance d’avoir des parents qui peuvent le changer d’établissement, parfois il va être en décrochage scolaire, parfois aussi, il en finit avec la vie parce qu’il ne voit pas où ça pourra le mener. « Cela vous semble bête mais songez-y  Perdez votre jeunesse où est le sens de la vie » – I AM, « femme seule », ma culture est éclectique.

Voilà la réalité du harcèlement scolaire. Vous voulez que la honte et la peur changent de camps monsieur le Président, allez-y, n’hésitez pas, faites vous filmer et postez sur Snapchat – c’est connu, un ado ça écoute la Présidence fusse-t-elle sur Snapchat – vous aurez sûrement fait votre petit effet auprès d’un microcosme parisien qui ne connaissait pas Snap avant votre élocution et d’une tranche d’âge qui n’est plus concernée par le problème.

Je suis révoltée. Révoltée de me dire que ce sont ces erreurs de politiciens avides de voir leur blason se redorer qui font que nos enfants ne sont pas en sécurité dans les lieux où ils doivent recevoir une instruction.

Révoltée de voir que selon l’endroit où on est en France il y a un fossé dans ce que l’on est en droit de recevoir – je te vois penser que je vis dans le monde des bisounours….et c’est bien triste que tu aies a ce point perdu tes idéaux.

Révoltée qu’on puisse qualifier de quolibets les sévices que subissent des gamins qui n’ont pas le droit de vivre correctement.

Comment on peut s’entourer des meilleurs en communication -vu leurs salaires j’espère qu’ils sont la crème- et merder à ce point. Snapchat…SNAP-CHAT. Mais en communication si on doit adapter son média à sa cible, on doit aussi adapter l’interlocuteur. Le Président sur Snapachat qui s’adresse à des élèves témoins de harcèlement c’est un peu comme ta mère en short dans la quatrième dimension…ça sonne has been, ça pourrait faire nostalgiquement sourire si le sujet n’était pas si grave – non, je ne parle pas de ta maman. Tu vois où je veux en venir? Clairement quels sont les élèves qui vont appliquer ce conseil prodigieusement donné ? On est bien d’accord que ce sont ceux à qui il n’était pas nécessaire de le donner.

Quitte à être dans les années 90 et à encore penser que ce n’est pas si grave, qu’on utilise de grands mots alors que finalement dans les années 60 à l’école aussi il y avait des mal aimés et qu’ils ne faisaient pas tant de bruit, pourquoi ne pas rappeler le numéro de téléphone? Tu sais le 3020, parce que ça ne choque personne en France que les élèves ne soient pas en mesure de se rapprocher de leur professeur principal -Je croyais que c’était son rôle….faire le lien- ou un professeur pas principal juste qui fait son métier, alors on crée des numéros gratuits qui sont victimes de leur succès canular….

Je ne jette pas la pierre aux professeurs, ce serait faire un raccourci que tu ne prendras pas j’espère. Je jette le pavé au système, je tend un miroir au nombre de personnes qui font acte de présence au ministère de l’éducation nationale. Parce que ce sont nos enfants, les fameux enfants de la république dont on partage les réussites mais dont on ne veut pas entendre parler quand il s’agit de les aider à surmonter les problèmes, qui en souffrent. Alors c’est sur que mes mots ne sont pas ceux d’un énarque- de rien, tu n’aurais jamais lu du Iam dès le matin – mais devant tant de médiocrité mon trop plein de tout a débordé.

Je regrette qu’on ne prenne pas en considération les témoignages des harcelés, qu’on n’etudie pas avec eux de vraies solutions, qu’on ne se pose pas la question plus profonde du manque de réponse de la justice alors que des lois existent et qu’on ne les fait pas appliquer….Je suis sidérée qu’il n’y ait aucun sursaut ni de la classe politique -mais on est bien trop occupé à chercher une phrase marquante- ni de la société….Parce que finalement à un moment donné si tu touches a mon enfant et que je n’ai rien à attendre des règles sensées nous encadrer, il va se passer quoi?

« On avait le choix ouais : vivre comme des frères 
Ou crever comme des cons. On a coché la deuxième case » IAM toujours – culture éclectique mais pas trop non plus, faut que j’arrête de me la raconter.

Une fois l’allocution terminée, on a envie de lui demander « mais qui êtes vous monsieur? que me voulez vous? » et moi je suis une adulte….Les écoliers, collégiens et lycéens victimes de harcèlement scolaire méritent mieux. Soyons à la hauteur de leur courage et de leur résilience.

Voilà, c’était un article écrit sous le coup de la colère. Je sais qu’il n’est pas bien construit, il n’y a pas de photo parce que le sujet n’en a pas besoin et surtout tu me pardonneras les fautes s’il y en a parce qu’au fond tu m’aimes bien.

Pas forcément bien construit, pas forcément ce à quoi tu t’attendais sur mon blog, mais je suis révoltée de voir qu’on traite le harcèlement aujourd’hui comme on traitait le bizutage il y a quinze ans… »ça va, faire manger de la pâté pour chien a des étudiantes en string pendant qu’on les filme »….choquant hein? et il y en a combien qui ont fait ça et qui soigne ton chien aujourd’hui? Non, l’accès aux études, au savoir ne devrait pas être à ce prix là.

Sur cette bouteille jetée à la mer, je vais me ressaisir et revenir avec un article plus léger demain. Aujourd’hui, j’en ai gros -poke kamelott.

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