Le confinement, bien ou bien ?

AHHHHH l’extérieur

« Et le confinement alors, ça se passe comment ? » Cette question tu l’as posée et on te l’a posée une petite centaine de fois depuis le début.

Bah…..ça se passe. Enfin, six semaines sont passées en tout cas.

Depuis le début, j’ai lu beaucoup d’articles sur les façons de vivre le confinement. J’ai discuté avec beaucoup de personnes de mon entourage, et je trouve ça intéressant de voir comment on vit notre confinement et ce qu’on peut en retirer de positif. Nous sommes dans un contexte où des milliards d’êtres humains vivent une situation identique de façon complètement différente. Avoue que c’est quelque chose tout de même.

Nous sommes confinés tous les quatre, en relativement bonne santé -on ne parle pas encore de ma santé mentale- et nous avons conservé nos travails respectifs. Notre postulat de base est plutôt bon, nous en sommes conscients et sommes emplis de gratitude (oui emplis, parce que je crois que ce qu’on ressent aujourd’hui, nous ne l’avions jamais ressenti avant, cf la situation exceptionnelle).

Concrètement nous avons un magnifique open space, salle de classe / garderie – un espace multifonctions du turfu, on réinvente le système économique à notre niveau- et on se réorganise autour de celui-ci (traduction : nous sommes les uns sur les autres). Notre chambre a été réinventée en espace de conférence téléphonique nous permettant de passer nos appels relativement au calme – je n’ai pas été à l’abris du photo bomb d’une enfant déguisée en licorne s’incrustant sur l’écran pour dire qu’elle reconnaissait pas la famille. La mifa du boulot a A-DO-RÉ.

YAYYYYY Unicorns Photo de Pixel.com

Niveau organisation, le matin c’est école et l’après-midi temps libre – y a tout de même un Asterix (parce que c’est plus drôle qu’un astérisque, vois ça comme un hommage) en tout petit en bas de la page, le gaulois dit : « si tu as lambiné pendant 2h sur tes maths et que tu ne les as pas finis, ton temps libre ce sera de terminer de résoudre ces problèmes de partage de pommes ». Ne t’y méprends pas, nous faisons régulièrement des journées SANS. Sans école, j’entends.

Histoire de relâcher la pression, de repartir sur de bonnes bases le jour d’après- sauf si c’est le week-end, là on ne touche pas un stylo.

Niveau écran, je n’ai jamais été une anti-écran, je crois que comme pour tout, il faut un peu de tout pour créer un équilibre. Nous arrivons à limiter comme nous limitions avant. La tablette est un peu plus utilisée notamment parce que les instituteurs ici ne sont pas obligés de nous fournir des devoirs ou des ressources. Nous en recevons une par semaine depuis deux semaines. Sur six semaines, nous nous sommes réinventés en instituteurs. Enfin, non. J’ai pallié un manque nuance, j’essaye, je galère, je crie, on se calme, je ré-explique, je travaille en même temps, je ne suis pas pédagogue, je ne suis pas de programme précis mais …. ça le fait. On a d’abord utilisé des livres « toute l’année de CP », puis des applications, l’émission de France 4, une multitude de sites internet et on a récemment découvert les jeux OSMO et on est carrément fan. Je ferai un article dessus car c’est une ressource intéressante.

Passer de la salle de classe à côté des copains, au salon à coté de maman derrière son ordi, on ne va pas se mentir, on a vu plus funky. J’avais lu il y a des années que le temps passé avec les enfants n’avait aucune utilité si ce n’était pas du temps de qualité. La qualité est somme toute relative en ce moment, mais on fait au mieux. Puis, on arrive à avoir des moments privilégiés pour faire des activités que nous n’aurions jamais faites avant. Ajoutons à cela les week-ends, où on savoure nos vrais temps libres : pas de travail, pas d’école, juste nous.

Tu l’auras compris, le confinement en semaine, c’est intense!

Si je devais faire un bilan, là, tout de suite des meilleures choses qui me sont arrivées – parce que comme tout le monde on a aussi eu notre lot d’événements moins sympathiques – pendant ce confinement je te dirai :

Photo de Daria Shevtsova sur Pexels.com

1 – La famille, les amis. L’apparition de ce virus nous a fait nous rendre compte de notre chance de nous avoir les uns les autres. On le savait d’avant, c’est certain, mais les partages, messages, appels entre nous ont pris de folles proportions par ici, que ce soit avec les amies de France ou avec les amies d’ici. Oui, parce que c’est bien aussi de parler une petite heure l’aprem avec ses proches. Son petit moment à soit! Être bien entouré, c’est primordial, quelle que soit la situation d’ailleurs.

2- La cuisine. C’est à la fois une pièce et une action. Le confinement nous a appris que nous pouvions nous adapter. Notre adaptation est sans fin et sans faille. Faire les courses en ligne, se les faire livrer une fois par semaine pour la semaine en ayant fait des menus en amont, voilà une chose dont je me serais bien sentie incapable (soulée d’avance) avant. Les menus sont ils équilibrés ? Bonne question. Très honnêtement, je dirais que c’est un savant mélange de repas équilibrés et réconfortants. Il faut aussi savoir se faire plaisir. Tu auras compris que si je te parle d’adaptation et que je tourne autour du pot, c’est que manifestement, je me suis mise à faire un truc détestable. Je cuisine. Non, calme toi. Je cuisinotte -je cuisine un peu, je m’habitue à cet espace, les boutons du four tout ça, tout ça (c’est de l’humour, en réalité je ne sais même pas où se trouve le four….AHAH). D’abord parce que je ne pouvais pas vivre sans pain. Tu auras remarqué l’imparfait. Après avoir gouté le mien, on s’est dit que finalement si, la vie était possible sans pain- je te jure. Ensuite parce que le confinement a multiplié le nombre de repas dans cette maison et que si je ne cuisine pas, je ne veux pas manger d’aliments transformés ailleurs que chez moi (chaque personne a ses incohérences).

3- Le sport. Au début du confinement, nous étions un peu perturbés par les nouvelles d’ici et de France et, par la nouvelle organisation que nous allions mettre en place. Je me suis donc, tout à fait naturellement, laissée allée. Puis après de longues journées passées à piocher dans les placards à la recherche de sucres de toutes sortes – non, pas de fructose – je me suis finalement dit que les videos de fitness que suivaient mes amies devraient aussi me convenir. Et c’est ainsi que j’y ai pris goût – alors je râle beaucoup pendant les séances mais je suis tellement bien après ça – non en réalité je suis bien après la douche après ma séance de sport intensif. Et le gros avantage, c’est qu’après avoir fait ma séance, je suis incapable de me traîner jusqu’au frigo à cause de mes cuisses – j’ai découvert un nouveau vocabulaire fantastique, mais je souffre je te l’avoue.

Photo de Daria Shevtsova sur Pexels.com

4- Le travail. J’ai pu avancer sur un de mes projets actuellement en sévère relecture- révision- correction et dont j’espère vous donner des nouvelles très prochainement (joie intérieure intense). Ma création d’entreprise a été repoussée mais…comme après la pluie vient le beau temps, un report n’est pas une annulation. Beaucoup de travail, beaucoup de possibilités, de magnifiques rencontres professionnellement. Comment te dire que je kiffe ne rien faire les week-ends. Enfin rien….en faire moins serait plus juste.

5- Le reste. Le reste ce sont les reportages que j’adorais regardé avant. Avant la vie qui va trop vite. Je m’y suis remise. Je voyage, je ris, je pleure, je découvre. Je vis une drôle de vie par procuration finalement avec les documentaires de voyages. Il y a pléthore de documentaires scientifiques et j’adore faire des recherches sur les études citées. Oui, je peux rechercher les études citées après voir vu le reportage. Chacun sa passion – oh ça va ne me juge pas, je suis sure que tu l’as fait avec « merci pour ce moment », et que tu as décortiqué les archives des journaux cités par Valérie pour mettre en relation l’état émotionnelle de la-dite Valérie et ses réactions en live. Les séries en VO. J’en découvre de nouvelles, j’adore les séries. Puis se faire 9 saisons en trois semaines, avoue que ce n’est pas quelques choses d’habituel!

Alors bien entendu, le confinement n’est pas terminé et il y aura encore d’autres bilans à faire. Toutefois, je dois l’avouer, je me lève avec le sourire, je travaille en instruisant, en faisant à manger et en jouant, mes journées passent en un claquement de doigts entourée physiquement ou virtuellement des gens que j’aime. On voit les enfants grandir, leurs progrès, leurs efforts, leurs caractères s’affirmer au quotidien. Cette situation m’a fait changer ma façon de consommer, m’a fait ouvrir les yeux sur certains comportements, m’a fait prendre conscience de ce qui était important à mes yeux….et ça perdurera.

Et toi ton confinement, tu t’y habitues ? il t’a appris quelque chose ?

Bonne soirée, enjoy ton dimanche soir.

On se retrouve bientôt!

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